Soirée des trophées des arts afro-caribéens… “On posera beaucoup de problèmes”.

 
Bien, cette question étant à nouveau posée sur la table, alors, à mon tour je vais me répéter, en citant mon article : “La traite négrière dissimulée”, à consulter ici :
 
http://iciradioparisment.wordpress.com/2009/10/07/la-traite-negriere-dissimulee/
  
 Analyse de deux des livres nominés dans la catégorie littérature - meilleur essai :
 
1./ “ La France a-t-elle aboli l’esclavage ? : Guadeloupe-Martinique-Guyane (1830-1935) ” – de Nelly Schmidt
 
A l’adresse suivante, se trouve la – Descriptions du produit, Présentation de l’éditeur :

http://www.amazon.fr/France-t-elle-aboli-lesclavage-Guadeloupe-Martinique-Guyane/dp/2262030405/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1255090133&sr=1-1

Biographie de l’auteur :
“Nelly Schmidt est directrice de recherche au CNRS (Université Paris IV – Sorbonne). Ses travaux portent sur l’esclavage, les abolitions et les politiques coloniales aux Caraïbes-Amériques. Elle a publié notamment une biographie remarquée de Victor Schœlcher.”

Selon la description de cet ouvrage, il porte sur un aspect de la traite négrière transatlantique. Et son auteur affirme “ qu’il porte en lui bien des réponses aux interrogations actuelles sur les discriminations héritées de l’ancien régime esclavagiste. Il devrait enrichir les débats si contradictoires auxquels donnent lieu cette histoire et ses silences. ”
Des réponses, certes, mais pas TOUTES les réponses.
Car l’on ne peut se limiter uniquement à ce qui s’est passé au “ bon vieux temps des colonies ” pour présenter une réponse globale à la question de l’esclavage des Africains noirs.

Car il a existé d’autres traites négrières que celle liée aux Antilles.

Comme Nelly Schmidt le rappelle, “ des colonies où l’économie est restée aux mains des planteurs sous le contrôle de l’Etat. ”, celle-ci fut pratiquée par des CAPITALISTES terriens et armateurs servis par l’Etat français, certes, mais le PEUPLE français n’a pas à lui être associé. D’ailleurs, lui-même était exploité en terre de France, en ce temps-là. Et encore moins peut-on lui associer les FDS actuels, auxquels pourtant il est demandé de faire repentance. Cette culpabilisation, corollaire de la victimisation, permet de leur faire débourser “ l’argent de la repentance ” : coût de l’immigration, conséquences de la discrimination positive…

2./ “ Les traites négrières coloniales : Histoire d’un crime ” – De Marcel Dorigny et Max Jean Zins

A l’adresse suivante se trouve la – Descriptions du produit, Présentation de l’éditeur :

http://www.amazon.fr/trait%C3%A9s-n%C3%A9gri%C3%A8res-coloniales-Histoire-crime/dp/2702208940/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1255089019&sr=1-1-fkmr2
 
“… L’ouvrage réunit les textes débattus lors de la rencontre organisée à Dakar et à Gorée (l’île aux Esclaves) à la fin de l’année 2007. Cette conférence internationale, organisée à l’initiative de l’ADEN, Association de descendants d’esclaves noirs et de leurs amis, avait pour objectif principal de croiser regards et sensibilités des trois continents du triangle infernal : Europe, Afrique, Amériques. ”
 
Selon la description de cet ouvrage, à la traite transatlantique comme sujet principal, il est joint celle dirigée vers les îles de l’océan Indien. Et les auteurs prétendent “… que notre société a encore les plus grandes difficultés à intégrer la connaissance et la mémoire de l’esclavage dans son histoire nationale… ”.
Ainsi donc, selon les auteurs, les FDS (“ notre société ”) ne connaîtrons plus ces difficultés grâce à la meilleure connaissance que nous apporte ce livre sur… la traite transatlantique, principalement !

Cette fois encore, l’on nous promet une meilleure réponse à la question sur les conséquences actuelles en France de l’esclavage des Africains noirs, à partir de la présentation de “ connaissances nouvelles ” sur… la traite transatlantique ! 

Une mémoire sélective sur l’esclavage a présidé à cette soirée. Quoi d’étonnant puisqu’il est constant par ailleurs que les autres traites négrières soient oubliées. Comme si, évoquer le passé négrier des Arabo-Musulmans, par exemple, revenait à minimiser la traite transatlantique, alors qu’il ne s’agit que d’une relativisation.

Or, il est utile de bien noircir cette traite pour mieux faire entrer les FDS en repentance devant cette question.

Mais cette victimisation ne doit pas égarer notre jugement, malgré la compassion qu’il faut avoir pour les victimes Noires.

Car des faits historiques sont établis qui vont à l’encontre de la réalité de cette victimisation :

Reprenons des extraits de l’enquête historique de Tidiane N’Diaye : “Le génocide voilé” :

p222 = ” … souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse… C’est en fait un pacte virtuel, scellé entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux, qui aboutit à ce déni. Ce pacte est virtuel, mais la conspiration bien réelle. Dans cette sorte de ” syndrome de Stockholm à l’africaine “,tout ce beau monde s’arrange sur le dos de l’Occident… un ciment destiné à pérenniser la fusion des Arabes et des populations négro-africaines longtemps ” victimes solidaires ” du colonialisme occidental… “

Voilà une explication à l’ambiance on-est-là-pour-poser-beaucoup-de-problèmes qui a présidé à cette soirée.

J’ajoute maintenant que c’est le colonialisme européen en Afrique qui a lutté activement contre les esclavagismes (voir p189). Cependant, il est vrai qu’il l’a remplacé, au moins en partie, par le travail forcé :

p218 = ” La confusion vient du fait que la colonisation européenne de l’Afrique noire avec son système de travail forcé a suivi la fin de la traite transatlantique, ce qui incite à assimiler les deux évènements. Alors que la traite et le travail forcé des peuples noirs n’ont pas été une invention des nations européennes.”

Les prétendues victimes qui réclament la repentance des FDS, n’ont pas encore réalisé que si leurs aïeuls avaient été esclavagés par les Arabo-Musulmans et non pas par les blancs européens, ils ne seraient tout simplement pas nés pour s’en plaindre aujourd’hui :

p216 = “… il suffit d’observer la dynamique diaspora noire qui s’est formée au Brésil, aux Antilles et aux Etats-Unis, pour reconnaître qu’une entreprise de destruction froidement et méthodiquement programmée des peuples noirs, au sens d’un génocide… n’y est pas prouvée… Voilà pourquoi nous avons choisi d’employer plutôt le terme d’ ” holocauste ” [NDLR: pour la traite transatlantique]…”

 

Et pour trouver des arguments précis pour répondre à ceux qui jettent la victimisation à la figure des FDS, je me réfère aux prodigieux ouvrages de Bernard LUGAN, ” Histoire de l’Afrique, des origines à nos jours ” et ” Atlas historique de l’Afrique, des origines à nos jours “, que je vous encourage à vous procurer.

Un autre ouvrage interessant : ” Quand les noirs avaient de esclaves blancs ” de Serge Bilé :

p10 = ” Ces empires [NDLR: Ghana, Mali, Songhay] , dressés dans ce que l’on appelait autrefois le Soudan Occidental, étaient si riches que leurs souverains se permettaient de s’offrir des esclaves blancs [NDLR : bien davantage des Arabes que des Européens] . Une preuve, s’il en fallait, que les Africains ne nourrissaient jadis, avant la traite négrière et la colonisation qui les ont affaiblis, aucun complexe vis-à-vis des Arabes et des Européens. Bien au contraire ! Ils s’inscrivaient eux aussi dans une démarche de domination et de conquêtes. “

Et l’auteur ne s’est pas rendu compte qu’il démontre ainsi que, si les Africains noirs s’étaient déplacés, eux les premiers en colonisateurs vers l’Europe, il ne lui aurait pas été laisser la possibilité de naître pour écrire son livre qu’il a voulu si flatteur à leur égard… ni nous non plus, pour le lire.

Et savez-vous pourquoi les Arabes et les Berbères, qui sont de race blanche, présentent un phénotype qui en est plus ou moins éloigné ?

p19 = ” C’est à cette époque également que seraient apparus, en terre ouest-africaine, … les premiers esclaves ” blancs “, terme qui désigne ici plus particulièrement les Berbères et les Arabes – la couleur de leur peau n’avait pas encore été altérée (sic !) par le METISSAGE que produiront, par la suite, des siècles de concubinage avec les captives Africaines .”

Dont acte.

Les citoyens visibles de France pourraient bien tirer profit à méditer sur la phrase suivante :

“ Les Blancs, c’est quand il n’y en aura plus beaucoup, qu’il y aura des problèmes. ”

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